At Eternity's Gate

Réalisation : Julian Schnabel

Scénario : Julian Schnabel et Jean-Claude Carrière

 

Genre : drame biographique

Durée : 110 minutes

 

Distribution :

 

Willem Dafoe : Vincent Van Gogh

Rupert Friend : Théo Van Gogh

Oscar Isaac : Paul Gauguin

Mads Mikkelsen : un prêtre

Mathieu Amalric : le docteur Paul Gachet

 

 

Vincent Van Gogh est un des artistes-peintres les plus reconnu, non seulement dans le pays dans lequel il a vécu mais aussi dans le monde, mais hélas son succès ne sera que post-mortem. Au lieu de faire un synopsis du film comme à mon habitude, je ferais un bref résumé de la vie de l'artiste qui nous conduiras jusqu'à la période que traite le film: les dernières années de sa vie.

Donc, Vincent Van Gogh est un peintre d'origine néerlandaise qui passera une bonne partie de sa courte vie en France. Il créera la plupart de ses œuvres seulement sur les 10 dernières années de sa vie, de 1880 à 1890. Cependant entre son style de peinture bien trop avant-gardiste pour l'époque qui se rapprochait de l'impressionnisme et une supposée schizophrénie, il ne fut ni reconnu de son vivant ni même traité comme les autres par les habitants des villages où il a vécu. Pour développer son art il préférera vivre en campagne plutôt qu'avec son frère marchand d'art à Paris, cependant il lui écriera plus de 650 lettres et ce dernier continuera à l'entretenir. Malgré un début de succès auprès des parisiens vers les derniers mois de sa vie, il se suicidera après une crise en 1890 à seulement 37 ans. Le film porte donc sur les dernières années de sa vie.

La question qui se pose est comment un film sur un artiste très exploité au cinéma comme Van Gogh peut sortir du lot. En effet il y a 13 films sur l'artiste, tous avec des particularités qui les rendent spéciaux (casting, animation dans le style de Van Gogh, courts-métrages de Kurosawa etc.).

Sans avoir vu tous les films qui racontent l'histoire de Van Gogh, je peux affirmer que ce film, en tant que biopic et en tant qu'admirateur du peintre, sort vraiment du lot et je vais vous expliquer pourquoi.

Tout d'abord, j'aimerais parler de ce qui fait que le film accroche vraiment le spectateur dès le début : son acteur principal incarnant le célèbre artiste, Willem Dafoe. Cet acteur à la filmographie énorme nous offre ici une de ses meilleures performances. Un bon acteur est un acteur qui nous fait oublier sa présence, dont le jeu correspond parfaitement au personnage. Le physique est déjà très ressemblant, quand on compare les toiles de l'artiste au visage de Dafoe. Un des points qui m'a marqué, c'est le visage de l'acteur pendant tout le film. En effet malgré quelques sourires de temps à autres, le visage semble marqué d'une profonde tristesse que l'on ressent tout le long du film, une tristesse très communicative, qui se sent même de l'autre côté de l'écran.

De plus, ayant vu le film en VF et en VO, je tiens à applaudir la performance de doublage de Patrick Chesnais (qui d'après sa page Wikipédia n'a aucune expérience de doublage), qui m'a également très ému avec une voix marquée par la souffrance et la douleur de ne pas être compris. J'en suis même à un point au j'ai préféré la voix de Chesnais à celle de Dafoe. De plus la VF est également une bonne adaptation de la VO.

Passons maintenant au point qui fait que j'apprécie énormément ce film : la mise en scène.

Mettre en scène la folie n'est pas chose aisée, c'est un point sur lequel vous ne me contredirez pas, en effet il est assez compliqué de montrer une expérience qu'on ne ressent pas et qui de plus est différente pour chaque personne ayant des troubles psychologiques, alors quand la personne en question n'est plus là pour témoigner, c'est une tâche d'autant plus complexe.

Et pourtant, je trouve que ce film réussit très bien dans ce domaine.

Déjà, le réalisateur alterne les scènes en points de vue de Van Gogh et les scènes de point de vue extérieur. La plupart des scènes du point de vue de l'artiste arrivent souvent quand celui-ci fait des crises. Elles sont donc justifiées et en plus d'être très belles, elles représentent parfaitement les crises de Van Gogh, son incompréhension face aux autres mais également la beauté de la nature qu'il perçoit différemment des autres. Tandis que les points de vue extérieurs sont également démonstratifs de la psychose du personnage principal, entre les tremblements ou même les changements de focale qui jouent beaucoup sur notre ressentit pendant le film.

Il y a également un beau travail sur le son, que ce soit au niveau de la musique qui se fait discrète mais très présente ou encore au niveau des voix. En effet, on entend souvent les voix dans la tête de Vincent se chevaucher, ce qui je trouve est très pertinent pour montrer la détresse que ressent Van Gogh.

Pour conclure, je vous conseille énormément ce film même si vous n'êtes pas spécialement fan de l'artiste ou des maladies psychiques en général. C'est un film qui fait ressentir des choses et ça s’est pas donné à tous les films. Il est disponible sur Netflix à tout moment, donc foncez. Sur ce, je vous laisse à bientôt pour une nouvelle critique.

 

Speednote : SSSSS

 

Critique de Rodolphe